Mon défi 2020 ? No more oui, mais !

Photo by Jamie Street on Unsplash
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Vous connaissez ces personnes qui débattent systématiquement en « oui, mais… » ? 

A la pause-café vous discutez de la place des femmes dans votre entreprise, et il y a cette personne qui trouve systématiquement des contre arguments aux propositions formulées.  

« On devrait mieux accompagner les femmes dans l’entreprise pour les préparer aux postes de direction. » 

« Oui, mais ce n’est pas simple de trouver les bons profils. » 

« Il y a des outils pour détecter les talents et les faire grandir. » 

« Oui, mais nous n’avons pas suffisamment de femmes pour bien choisir. » 

« Nous pourrions faire des campagnes de recrutement auprès des jeunes diplômées pour augmenter le pourcentage de femmes. » 

« Oui, mais ça va prendre beaucoup de temps à évoluer. Et qui garantit que ça marchera ? » 

Oui, mais… Quelle frustration. 

Et il y a ces personnes qui veulent à tout prix faire valoir leurs propres idées en utilisant cette ruse rhétorique : « Ta proposition d’organiser un événement pour les clients est intéressante, oui, mais lors de nos derniers échanges, il est ressorti qu’ils aimeraient surtout qu’on vienne les voir plus souvent. » Whoop whoop. 

Et le cas classique du directeur vigilant, ça vous parle ? « Oui, nous sommes une pépite d’entreprise française. Mais nous devons encore faire des efforts, travailler plus dur pour nous améliorer. » 

Peu importe les efforts qu’on fait en débattant avec les « oui, mais », ils ne seront jamais suffisants. C’est épuisant. 

Le langage forme notre réalité

Les mots ont leur importance. Pour moi, cela a toujours été vrai. Trouver le bon mot pour exprimer précisément ce que je veux dire. 

Les mots forment notre langage, et le langage forme notre réalité. Notre regard sur le monde est déterminé par les mots que nous employons et notre entourage nous considère en fonction de notre langage. 

A ce titre, le langage représente un élément socio-culturel très fort. C’est un élément d’inclusion, et d’exclusion. On y véhicule une position de pouvoir, de soumission, ou de liberté. On peut utiliser les mots pour exprimer ses croyances, pour influencer, et aussi pour manipuler. Les mots peuvent être doux, les mots peuvent être durs. Ils transmettent nos émotions, ils influencent notre humeur, peuvent nous rendre heureux, et nous faire souffrir. 

Nous avons le choix des paroles, et nous sommes nous-mêmes responsables du langage que nous employons.

Différentes méthodes et approches traitent de ce sujet. Que ce soit la communication non violente (CNV), la programmation neurolinguistique (PNL) ou l’Appreciative Inquiry (AI), tous visent à utiliser le langage de manière consciente et constructive pour reprogrammer notre regard sur le monde, faire évoluer notre attitude, renforcer nos capacités relationnelles.  

Du oui, mais au oui, et

Voici la scène suivante : 

« Oui, je suis satisfaite de ton travail, mais ça va être dur d’obtenir une promotion. » 

Comment recevez-vous cela ? Vous vous sentez encouragée ?

Et si on vous disait : « Oui, je suis satisfaite de ton travail et je vais mettre en œuvre ce que je peux pour que tu obtiennes une promotion. »

Wow, là ce n’est pas du tout pareil.

Autre exemple : « Oui, tu as les compétences pour gérer ce projet, mais j’aimerais que tu sois vigilante à ne pas t’épuiser. » 

Versus : « Oui, tu sais gérer le projet, et j’aimerais que tu sois vigilante à l’épuisement potentiel. » 

Le mot mais conditionne ce que nous exprimons. Il divise. Il marque une opposition, une correction, une objection. Il génère de la frustration, pas possible d’ouvrir le cœur de la personne qui reçoit un message mais. 

Contrairement au mot et, qui marque une liaison entre deux propositions, deux mots ou deux groupes de mots. Il crée des ponts. C’est un mot qui rassemble et qui inspire. Le et ouvre le champ des possibles il nous montre des perspectives. Et c’est ainsi que nous pouvons fédérer les gens, inspirer des équipes, faire grandir la confiance. 

Mon défi 2020

L’année 2019 a été riche en impulsions au changement pour moi. Je me suis mise à la CNV et à l’AI, je me suis nourrie de TED talks inspirants et rigolos, et j’ai lu une tonne de livres qui traitent des sujets liés à la communication, le management et la transformation des organisations. 

Et quand j’ai dû gérer une situation relationnelle délicate en fin d’année, j’ai pris une décision. Une décision qui impactera mon année 2020 de manière conséquente. Une décision de transformer mes relations et mon attitude envers le monde. Une décision qui me demandera une pleine conscience de mon expression. 

Voilà le défi que je me suis lancée pour cette nouvelle année :

Bannir le mot mais de mon vocabulaire et le remplacer systématiquement par et

Puis, me réjouir du résultat. Quel bonheur de rassembler au lieu de diviser. Quelle joie de voir que mes propos sont accueillis différemment. 

Quelle énergie se dégage de ces interactions !

Mon petit cahier d’observation est prêt, rendez-vous pour le débrief en fin d’année.

Et vous ? Comment accueillez-vous cette nouvelle année ? Quels sont vos projets, vos aspirations ? Je serai heureuse de lire vos commentaires 👇

Sarah Neumann appreciative leadership consultant

Sarah Neumann

Faites briller vos équipes avec l'Appreciative Inquiry | Management interculturel | Diversité, inclusion, égalité FH | Fondatrice Attitude Concept & Cofondatrice Sororistas

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